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Procès-verbal de la 3ème session de la
Commission mixte franco-palestinienne
Ramallah, le 19 et 20 juin 2000
La Commission mixte franco-palestinienne s’est réunie pour la troisième fois dans les Territoires palestiniens, les 19 et 20 juin 2000. A la demande du Président Yasser ARAFAT, Président de l’Autorité palestinienne, et de M. Lionel JOSPIN, Premier Ministre de la République Française, cette troisième session a élargi ses travaux à l’ensemble des domaines de la coopération franco-palestinienne, en privilégiant des axes prioritaires liés à l’évolution des institutions de l’Autorité palestinienne, dans la perspective de la création de l’Etat palestinien.
La délégation française était présidée par le Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, M. Charles JOSSELIN, et la délégation palestinienne par M. Nabil SHA’ATH, Ministre de la Planification et de la Coopération Internationale. La composition complète des deux délégations figure en annexe 1.
Les deux parties ont inscrit leurs travaux et échanges divers dans le cadre du processus de paix israélo-palestinien et, notamment. Elles ont souligné l’importance de la mise en œuvre du Mémorandum de Charm al-Cheikh signé le 13 septembre 1999, particulièrement le troisième redéploiement. Elles se sont également référées à la Déclaration européenne de Berlin du 25 mars 1999 qui reconnaît le droit du peuple palestinien à l’auto-détermination et à l'établissement de son Etat indépendant, souverain, pacifique, démocratique et viable. Elles ont réaffirmé les termes de référence du processus de paix, fondé sur la légalité internationale et tout particulièrement sur les Résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité, et le principe de l'échange des territoires contre la paix.
Se tenant dans une phase décisive du processus de paix, la troisième session de la Commission mixte franco-palestinienne a présenté des résultats très positifs liés aux perspectives de paix, à la considération de la nécessaire viabilité politique et économique de la nouvelle entité. Ses travaux s’inscrivent dans le cadre du dialogue politique franco-palestinien marqué, notamment, par la visite, en février 2000, de M. Lionel JOSPIN, Premier Ministre de la République Française, et les consultations tenues, en janvier 2000 à Paris, sous la présidence conjointe des Ministres Nabil SHA’ATH et Hubert VEDRINE.
L’Autorité palestinienne, représentée par le Ministère de la Planification et de la Coopération Internationale, a marqué son appréciation pour la qualité et la portée de la coopération franco-palestinienne dans tous les domaines du développement de l’économie et de la société, de la création des infrastructures au renforcement des institutions et des capacités administratives. Elle a, en particulier, exprimé son vif intérêt pour une expertise française accrue dans les domaines spécifiques liés à la consolidation de la démocratie, de l’état de droit et des aspects constitutionnels qui sont marqués dans leur évolution d’une particulière urgence étant donné les prochaines échéances politiques prévues.
Les deux parties ont exprimé leur souhait partagé de placer le coopération bilatérale dans le cadre d’un dialogue politique permanent, nourri par un échange constant d’informations et de consultations, de façon à explorer les voies par lesquelles le processus des négociations de paix en cours peut être renforcé et soutenu. En sa triple qualité d’Etat membre de l’Union européenne qui, de plus, en exercera à partir du 1er juillet prochain la présidence, d’acteur central du partenariat euro-méditerranéen et de membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la France est un partenaire privilégié de l’Autorité palestinienne confrontée à des enjeux qui engagent l’avenir du peuple palestinien.
Quatre grands domaines de priorité ont été soulignés :
La partie française tient à souligner les efforts déjà accomplis dans ce sens par l’Autorité palestinienne et elle l’encourage à persévérer avec détermination dans cette voie.
Dans cet esprit, les deux parties ont souligné la qualité des efforts accomplis dans le domaine de la coopération juridique, avec l’Institut de Droit de l’Université de Bir Zeit. Elles ont ensuite examiné les orientations de coopération qui trouveront leur traduction dans l’élaboration, d’un projet inscrit au Fonds de Solidarité Prioritaire.
Dans la perspective de la création de l’Etat palestinien, les deux parties conviennent de travailler en commun dans les domaines administratif, juridique et judiciaire, en vue d’encourager les instances déjà existantes à se renforcer et à développer leurs actions et de contribuer à mettre en place les nouvelles institutions nécessaires au fonctionnement de l’Etat.
La partie française exprime par ailleurs sa disponibilité à participer aux travaux du « Haut Comité National de Développement Institutionnel », en proposant :
= un expert constitutionnaliste,
= un diplomate confirmé, dans la perspective de la création d’un ministère des Affaires étrangères,
= un expert auprès du ministère de la Justice, pour contribuer au renforcement des compétences juridiques gouvernementales.
Il convient de rappeler que, depuis 1993, le Programme spécial de formation des jeunes cadres palestiniens contribue à la qualification professionnelle des cadres de la fonction publique et du secteur privé (annexe 2-1).
Consciente des enjeux, la France s’est associée dès 1996 au Ministère palestinien de l’Agriculture pour mettre en place un premier outil de recueil de données (AMODESP). Ce programme mené en collaboration se terminera en 2001 et permettra au Ministère palestinien de l’Agriculture d’avoir à sa disposition un outil pertinent d’aide à la décision pour ses projets agricoles et ruraux.
Pour aborder globalement l’ensemble de ces questions, le groupe de travail « gestion des ressources naturelles et aménagement du territoire » a passé en revue les trois axes majeurs suivants (annexe 2-2) :
La partie française s’efforce, dans le prolongement de ses actions au bénéfice de l’enseignement de base, de développer des enseignements universitaires avec des débouchés professionnels immédiats : formations de professeurs de français (à la Faculté d’Education de Gaza et à l’université de Naplouse), filière franco-arabe des métiers du tourisme (à l’université de Bethléem). Dans le même souci d’encourager la création de filières professionnelles courtes, elle a aidé à la mise en place de formations courtes dans quatre collèges technologiques (annexes 2-3 et 2-4).
Par ailleurs, dans le cadre d’un accord entre le ministère de l’Emploi et de la Solidarité français et le ministère du Travail palestinien, est mis en place un programme dans le domaine de la création d’entreprise, de la formation professionnelle (notamment en Tourisme) et de la sécurité du travail. La région Nord/Pas de Calais et les municipalités de Lille et de Dunkerque sont associées à ce programme. La rénovation de centres de formation professionnelle à Naplouse et Gaza constituera la première étape qui préludera à la mise en œuvre d’une coopération en matière de formation de formateurs dans des domaines divers.
Dans cet esprit, la coopération en faveur de l’éducation devra, conformément aux priorités des ministères palestiniens concernés de l’Education, de l’Enseignement supérieur et du Travail, privilégier les formations professionnalisantes de façon à assurer une meilleure articulation avec le marché de l’emploi et l’économie en général.
Elles souhaitent maintenant faire porter plus particulièrement leurs efforts sur des projets structurants au bénéfice de la protection et de la valorisation du patrimoine culturel, comme l’aide à la création du Musée de la mémoire, à l’Unité pilote de sauvegarde et de réhabilitation du patrimoine de la région de Bethléem, et à la création d’un laboratoire national des monuments historiques à Hébron (annexe 2-5).
Par ailleurs, l’exposition archéologique ‘’Gaza méditerranéenne’’ et le catalogue qui l’accompagnera présenteront les résultats de cinq années (1995-1999) de coopération franco-palestinienne à Gaza dans le domaine de l’archéologie. Cette exposition sera montrée à l’Institut du Monde Arabe à Paris, en septembre 2000, puis au Musée de l’Arles Antique et enfin à Gaza.
Désireuses de poursuivre leur coopération dans ce domaine, les deux parties ont signé un nouvel accord de coopération de cinq ans, autorisant l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem et le Centre national de recherches scientifiques, en la personne de M. Pierre de Miroschedji, de poursuivre les fouilles entreprises ou d’en exploiter le matériel découvert, en étroite coordination avec la Direction générale des Antiquités de Gaza (annexe 4-1).
Enfin, les parties se proposent de promouvoir le projet de ‘Routes du tourisme pour la paix’, visant à fédérer en réseau régional les divers acteurs qui souhaitent concevoir des itinéraires touristiques fondés sur le patrimoine historique et culturel, dans le souci de maximiser l’impact du tourisme sur le développement local, ceci dans l’esprit de la coopération touristique franco-palestinienne dont les principales actions ont été décrites dans un relevé de conclusion signé le 28 octobre 1999 par les ministres du Tourisme français et palestinien.
La partie française appuie la politique de rationalisation menée par le ministère palestinien de l’Enseignement Supérieur et souhaite inscrire des actions de coopération franco-palestinienne dans ce cadre.
Dans le but de renforcer la coopération en matière de recherche et de formation universitaire, la partie française juge opportun, en raison des demandes de la partie palestinienne, de mettre en œuvre un programme s’inspirant des ‘programmes d’actions intégrées’, sur le modèle de ce qui existe entre la France et d’autres pays. Dans cette perspective, la partie française a proposé que soient définis les thèmes prioritaires, (liste à établir d’un commun accord) et les modalités de fonctionnement du futur programme, incluant :
La partie française a indiqué qu’elle contribuera, dans la limite de ses disponibilités budgétaires, aux moyens nécessaires à la mise en œuvre des projets décidés conjointement en faisant un effort particulier, au moins pour la première année, pour les équipements des laboratoires.
Ces moyens pourront inclure :
* * * * * * * *
Pour une meilleure compréhension, les instruments de la coopération ont été présentés :
Le Fonds de Solidarité Prioritaire. La mobilisation des crédits du Fonds de Solidarité Prioritaire au profit des Territoires palestiniens constitue une nouveauté très importante, intervenue depuis la précédente session de la Commission mixte. Répondant à une logique de projets pluriannuels, engageant les deux parties sur un objectif et des moyens précisément identifiés, le FSP est un instrument de partenariat. Il est sollicité pour le financement des projets prioritaires dont la Commission mixte est saisie.
Pour les années 2000-2001, quatre projets ont été définis :
Les interventions sur protocoles financiers. Dans le cadre des protocoles financiers franco-palestiniens dont le montant global depuis 1993 atteint 382,5 M.F., la France engage les deux projets suivants:
La construction d'un port à Gaza est mentionnée dans la déclaration de principe de 1993 (Oslo I) et dans l'accord sur Gaza et Jéricho de 1994 (Oslo II). Après trois années de blocage politique, les Israéliens, dans le cadre du mémorandum de Charm El Cheikh, ont donné leur accord pour que soient engages les travaux de construction. Il s'agit d'un port de commerce en eau profonde, d'une capacitéde 500 000 tonnes par an. Protégé par une jetée de 750 mètres, le port est prévu pour accueillir quatre navires en même temps.
Ce projet d'un montant global de 70,25 MEuros (461 M.F.), est cofinancé par les Pays-Bas (22,85 MEuros) et la BEI (23 MEuros) et l'Autorité palestinienne (3 MEuros). La part française est de 21,4 MEuros (140,5 M.F.). La durée des travaux est évaluée a 25 mois. Les contrats de construction et de supervision du projet, ont été signés et les travaux sont sur le point d'être lancés.
Une nouvelle enveloppe de 20 M.F. a été engagée en février 2000, afin de poursuivre le programme français de soutien au secteur privé palestinien. Le développement du secteur prive est essentiel pour le redressement de l'économie locale. Le programme français pour lequel 65 M.F. ont ainsi été affectés depuis 1993, a pour but de mobiliser l'épargne locale vers des projets créateurs d'emplois. Sa procédure originale prévoit la conjonction d'un don français avec le prêt d'une banque locale. Les 45 M.F. mis en oeuvre jusqu'ici ont permis de cofinancer 24 projets pour un montant d'investissements d'environ 260 M.F. dans les secteurs de l'agro-alimentaire, la presse, l'hotellerie-restauration, Les équipements médicaux, l'industrie pharmaceutique, le BTP et la chimie. Les investissements réalisés sont près de six fois supérieurs aux financements français engagés.
Les interventions de l'Agence Française de Développement. Les interventions du groupe de l'Agence Française de Développement (AFD) s'orientent principalement vers le renforcement des infrastructures sociales (eau potable, assainissement, électricité rurale), le développement urbain et communautaire et l'appui au secteur prive en particulier a travers sa filiale PROPARCO. AFD intervient dans les territoires autonomes palestiniens depuis novembre 1998 (annexe 3).
Les premiers financements accordés par AFD (130 m. FF de dons) portent sur :
L’AFD soumettra prochainement à son conseil de surveillance le financement d'un projet de développement communautaire dans le district d'Hébron et autour de Jérusalem. De nouveaux projets sont en cours d'instruction dans les domaines de l'eau, de l'assainissement et du développement urbain. Une mission d'identification de PROPARCO est programmée pour l'appui au secteur privé.
Le Centre d'Etudes Financiers et Bancaires (CEFEB) du groupe de l'AFD vient de procéder aux tests de sélection des premiers candidats palestiniens.
Le Fonds Français pour l'Environnement Mondial, dont le secrétariat est assuré par l'AFD, finance notamment un projet de promotion d'équipements électroménagers performants en zone rurale (11,8 m. Fr.).
Fait à Ramallah, le 20 juin 2000
Pour la République Française Pour l’Autorité palestinienne
Le Ministre délégué à la Coopération Le Ministre de la Planification
et à la Francophonie et de la Coopération Internationale
Charles JOSSELIN Nabil SHA’ATH
Annexes ci-jointes :
Annexe 1 : composition des deux délégations
Annexe 2 fiches techniques :
annexe 2-1 : coopération administrative
annexe 2-2 : ressources naturelles et aménagement du territoire
annexe 2-3 : coopération éducative et linguistique
annexe 2-4 : coopération universitaire et de recherche
annexe 2-5 : actions de coopération culturelle
annexe 2-6 : actions de coopération santé
Annexe 3 : projets de l’AFD
Annexe 4 textes à signer :
annexe 4-1 : accord de coopération dans le domaine archéologique
annexe 4-2 : convention de financement du projet FSP
‘’Développement éducatif dans les Territoires palestiniens’’
annexe 4-3 : protocole d’accord avec l’hôpital Saint-Joseph
annexe 4-4 : lettre d’intention du projet ‘’Stratégie de gestion et
d’économie d’eau agricole au Proche-Orient’’
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